A l’ombre d’un 4×4

Avant le désert…

Avant de pénétrer dans le désert Tunisie de ce mois de Novembre dernier, je souhaitais vous parler d’une destination plus proche, plus simple mais tout autant importante.

Petit guide de voyage

Depuis la gare Montparnasse ou où que vous soyez, sautez dans le premier train pour St-Malo ou prenez le volant de votre voiture et dirigez-vous vers Caen, le Mont St-Michel et terminez votre route à Saint-Malo. Avant d’arriver à destination, je vous conseille un crochet par le bord de mer. Quelque soit votre heure d’arrivée, commencez par cela pour reprendre contact avec vie et mer.

Avec un peu de chance, vous serez en période de forte marée, au moment où la mer se retrouve la plus haute. Les embruns viendront vous fouettez le visage et lui redonner des couleurs. Si vous arrivez de nuit à Saint-Malo, cette retrouvaille avec la mer est véritablement un moment privilégié. Vous serez seul, face à la mer, avec un rayon de lune pour voir s’agiter les flots et écouter ce son si particulier, si riche. En arrivant de nuit, vous profiterez de quelques instants qui permettent de décompresser instantanément. Ca y est, vous êtes arrivé, pour quelques jours, une semaine de repos.

Saint-Malo et ses environs sont magnifiques. Vous pouvez vous y promener à vélo, prendre la voiture pour aller plus loin et découvrir des plages s’étendant sur des kilomètres de solitudes, faire un petit tour par cancale ou votre ostréiculteur préféré. Quelque soit le jour de la semaine vous trouverez très certainement un marché. Ne pas déjeuner avant pour déguster plutôt une galette saucisse, nature, pendant que vous errez devant les légumes et les étalages de poissons et crustacés dont certains rejoindrons bientôt  votre prochaine table.

Avant de terminer, je ne pourrais que vous recommander de prévoir avec vous une belle bouteille, à tout hasard un Rhum Damoiseau (le 55 bien sûr). Accompagnez ce rhum de quelques tranches de citron verre, du sucre roux, puis dirigez-vous vers la plage en fin d’après-midi. A marrée basse vous profiterez d’un magnifique moment voyant la plage se vider, les couleurs du ciel changer en permanence pendant que le soleil rejoigne sur la mer.

Pendant les quelques jours qui suivent, vous découvrirez où retournerez sur les même lieux, les nouvelles rencontres : Les termes et son restaurant du Cap-Horn, la magnifique commune de Saint-Suliac et ses murs de pierres, peut-être le club d’équitation qui se trouve à sa sortie, le boucanier, véritable maitre restaurateur et ses plats particulièrement travaillés. Sur le retour, ne ratez pas un passage par Cherruiex et la cidrerie véritablemeny artisanale d’Yves Dufour.

Bon voyages.

Dernier tour au marché

Après le traditionnel tour de marché, cette fois-ci pour remplir de quoi réparer un cousus au chevreau, nous en avons profité pour faire un dernier passage par ces lieux de mon petit parcours.
Nous étions donc chez Kanoun, le peintre aux aquarelles somptueuses. « c’est facile, il suffit d’un bon coup de pinceau », et surtout de souvenirs, d’images, de pensées qui débordent de son coeur pour lui permettre de « faire pousser ce palmier » de manière si évidente. Les cavaliers aussi, sans connaitre leur origine, mais présent depuis 5 ans maintenant, son splendides dans leur mouvement. C’est peut être aussi la magie de l’aquarelle qui provoque cela, mais le simple fait de poser mes yeux sur un dessin permet à mon esprit de vagabonder quelques minutes déjà.
Il suffira de 2 palmiers et d’une signature pour repartir avec un menzel tout frais.

Direction les olives, et surtout l’harissa que je dois empaqueter dans des sachets puis des bouteilles en plastiques pour éviter de perdre les affaires qui l’accompagneront dans ma valise. Toujours aussi bien épicée, sans goût de tomate, elle est toutefois plus piquante que d’habitude. Malgré cela, sa finesse toujours inimitable ne me fera pas changer d’avis : elle reste la meilleure harissa que j’ai pu goûter jusqu’à ce jour.

Avant de rentrer, je fais un tour par le marché aux poissons. La vente à la criée est une spécialité qui me captive. Les pêcheurs viennent y vendre leurs petites prises alors qu’ils préfèrent apporter leur prises plus importantes (>15 kg) directement au port. Après être enfilés sur des tresses, ils sont transmis à celui qui se chargera de la vente. Les yeux aiguisés il repère les moindres mouvement de tête ou de paupières faisant augmenter l’enchère. En moins d’1 minute les 6 dorades partiront pour 15 dinars devant un foule d’hommes en chapeau à l’affut des futures grillades de fin de journée.

Rhum, cigare et muezzin

Ce soir c’était anniversaire. Après avoir dégusté de beaux mulets, tout juste grillés avec une pointe de kamoun, c’était le moment de fêter 3 anniversaires. L’un d’eux était un magnifique de 90 années, toujours aussi surprenant.
Pendant que les quelques histoires tournaient, une magnifique idée fut émise de lier le plaisir du cigare à celui du rhum.
Me voici allongé sur les toits, sirotant un excellent rhum vénézuélien, légèrement caramélisé avec soin pendant que le cigare apportait sa dose d’acidité, se liant avec soin à la puissance douce de l’alcool.
Le ciel étoilé était magnifique pendant qu’une des voix de muezzin se faisait entendre au loin. Un délicieux mélange, peu courant et d’autant plus appréciable, de ces pays pourtant si différents.
Merci pour ces magnifiques toits qui ont su nous supporter pendant ce moment magique.

Mahfoudh Bensotta, l’ébéniste de Djerba

Premier passage en ville aujourd’hui. Il est 11h, un peu tard mais toujours temps pour faire mon pèlerinage.
Mon 85mm sur l’épaule, arrivé au centre ville je commence par me diriger vers la place du café Ben da mech, haut lieu de nos rencontres.
En chemin je croise, sortant de son restaurant, Baccar, le patron du restaurant portant son nom. De sa carrure importante, il semble bien me reconnaître dès que je le salue. Le temps d’échanger quelques mots et je continue pour aller retrouver le dernier des 4 compères de belote.
Devant sa boutique Yehuda est toujours là. Accompagné de son fils, visiblement en train de regarder les comptes, il est à l’ombre du bougainvilliers qui accueillait il y a peu encore les oiseaux de l’île le soir alors que les cartes et dominos claquaient sur les tables pendant les soirées d’été.
On échange sur cette année qui vient de passer, les nouvelles de Djerba, les touristes qui préfèrent emplir les hôtels avant le mois de Ramadan et les autres qui restent sans se soucier de l’agitation qui se fait plutôt nocturne.
Après avoir pris ensuite quelques nouvelles de mon grand cousin qu’il a bien connu, je reprends mon chemin pour me diriger vers le marché pour y faire quelques pas au milieu des touristes qui me font abandonner la visite et m’enfuir de l’autre côté de la ville pour y retrouver une des plus belles maisons de mes souvenirs. Elle est fermée actuellement mais j’ai encore en tête mes dernières visites : le petit panier de fraîchement cueilli qui accompagne la soirée, la préparation des couscous tous divin, arrangé dans une vaisselle introuvable, les bricks roulées aux amandes et au miel croquant et fondant en bouche, avant le thé brûlant annonçant la sieste de l’après midi dans une chambre aux murs de chaux blanche et décorés de petites fibules accrochées aux tapis ou aux couffins.
En descendant vers ma nouvelle destination je passe devant un atelier de l’extérieur duquel j’ai presque fait une photo. Plutôt qu’un essai furtif, je me suis finalement approché de l’homme tenant sa scie dans les mains alors qu’il apporte les derniers renfort à un tabouret qu’il termine.
Je commence quelques photos au milieu de l’atelier alors qu’il continue son œuvre. Un peu hésitant à pénétrer au milieu de ses outils, il m’accompagne à l’intérieur et m’explique chacune des machines, en débutant par celle qu’il a conçu lui même il y a plusieurs décennies et qu’il utilise toujours pour découper l’intérieur des planches de bois et créer par exemple ce chandelier à 9 branches qu’il me tend. On continue la visite par une deuxième pièce tout aussi grande dans laquelle il me montre fièrement des photos de son fils, champion de cyclisme entouré de ses amis lors de remises de médailles. Viennent ensuite les sculptures sur bois que son fils réalise sur des pièces préparées par son père puis les moucharabiehs et récupérations d’anciens fers forgés de fenêtre qu’il restaure pour en faire des tables en verres.
On terminera par son diplôme, et son histoire surtout, qu’il me contera avec plaisir et détails. Son père était commerçant à Tunis et c’est lui, après son apprentissage auprès d’un ébéniste italien à Tunis qui vient ouvrir son atelier à Djerba ou son premier fils l’aide maintenant.

Il est temps pour moi de terminer mon pèlerinage et passant remplir des sacs d’une bouteille de sirop d’orgeat puis un pain, taboun, du boulanger Ben Atia devant son four à pierre et enfin quelques délices de ricotta, fraîche, un peu forte qui agrémentera la table de e midi après s’être rafraîchi d’un verre de citronnade coupée à l’orgeat.
La bouteille terminera sa journée dans l’après-midi accompagnée des quelques croquants que j’ai trouvé et qu’il faudra goûter.

Retrouver un peu de chaleur

Après 3h de vol, 3h de retard et 1h de douane pour cause de capsules de gaz pour bombe à chantilly, me voici arrivé à Djerba.
La maison de mes vacances est tout modifiée, adaptée et il me faudra du temps pour m’y faire et oublier. Il reste tout de même quelques vestiges : des luminaires, des malles, 1 bougainvilliers, du feuhl et surtout le bleu retrouvé des portes contrastant avec bonheur sur le blanc des murs.
Il a fait chaud la veille, il fera chaud aujourd’hui et pendant toute cette première semaine de ramadan. Encore la même période du jeûne et de l’activité nocturne pour venir retrouver l’île pendant 1 semaine de repos familiale.
Je profite donc de cette première journée au calme dans ce nouvel environnement pour ne pas faire grand chose si ce n’est : prendre conscience des 40*C extérieur, passer la vision nouvelle d’un ciel entièrement bleu et repenser à ces dernières semaines.

Matinée de pêche sur la lagune

Malheureusement il n’y aura pas de photo pour cette fois, simplement le portrait de Marfoud, le voisin, pêcheur, avec son petit fils prise la veille après le dîner de la rupture du jeun.
C’est un homme de moins de cinquante ans, qui a commencé à accompagner son père dès l’âge de 6 ans sur la lagune en face de la maison pour apprendre à perpétuer des techniques de pêche traditionnelles.
Le rendez-vous est pris pour 7h le lendemain. C’est finalement à 6h qu’il vient frapper à la porte de la maison, le moteur de la barque sur l’épaule. Après avoir embarqué sur une petite barque, il nous fera avancer à la force des bras poussant sur un bâton jusqu’à une seconde barque contenant elle, le réservoir d’essence pour le moteur. La lagune est large et il ne faut pas se priver d’un peu d’aide pour traverser.
Arrivés à l’autre bout de la lagune, le moteur est relevé. On marche un peu dans l’eau puis on arrête la barque à l’entrée d’une crique. On reste là presque 20min à attendre, plutôt à écouter les poissons s’habituer à notre présence et sauter hors de l’eau pour quelques bains de soleil. Ils sont nombreux à attendre gentiment.
D’un seul coup, Marfoud se repositionne à l’arrière de la barque, sort une bouteille plastique jaune ficelée et au filet et permettant de repérer son extrémité et commence à dérouler celui-ci.
Il faut expliquer que la lagune est peu profonde, 50 ou 70cm maximum. Le filet de nylon est donc fixé entre 2 cordes, l’une lestée de plomb pour couler au fond de l’eau et l’autre retenu par des flotteurs. Cela permet de tendre le filet entre le fond et la surface, les seuls poissons pouvant s’échapper sont ceux sautant au-dessus et les malins repérant les trous…
Le filet se déroule alors pendant qu’il pousse la barque jusqu’à fermer complètement la crique. Les 2 extrémités du filet s’enroulant comme des escargots pour éviter que les poissons sortent par ces extrémités des filets. On referme le bout puis on descend du bateau pour battre l’eau de l’intérieur du cercle à l’aide d’un grand bâton afin d’effrayer ce qui se retrouverons dans quelques heures sur les étalages du marché.
Après s’être reposé un moment sur la barque pendant que les poissons atteignent les filets, nous retournons vers la dernière extrémité du filet pour le remonter. La pêche est bonne pour cette première prise, il y a du mulet en quantité, des poissons ressemblants à la dorade mais avec des épines sur le dos et une petite sole. Nous recommençons l’opération 2 fois encore pour finalement terminer avec une caisse remplie au tiers.

La pêche aura durée près de 4h. Pendant que nous restions dans la lagune, tout juste de l’autre côté de ce bras de sable, la méditerranée venait se jeter avec fracas, enfin fracas modéré de méditerranée. Nous croisons également 3 flamants roses, du haut de leurs échasses à nous observer, sans fuir, alors que le pêcheur prend garde de conserver une bonne distance.
La matinée aura été splendide de calme, de beautés et de pensées ; La pêche, elle, aura été moyenne nous rentrons rapidement avant de déposer la caisse chez le pêcheur afin qu’il les prépare pour le marché. Nous rentrons de note côté pour se reposer à l’ombre de la terrasse avant que les dames rentrent des souks.

Nouvelle destination : Retrouver la lagune de Djerba

Ce blog va reprendre vie pendant quelques temps, pendant 2 semaines, le temps des vacances que nous passerons ici, à Djerba. Nous venons avec Audrey, retrouver ici ma grand-mère et mon père qui restera plus de 2 mois.
Ce sera l’occasion pour moi de retrouver des visages que e n’ai pas vu depuis bien longtemps, l’occasion de retrouver la méditerranée et son calme d’huile qui me manque, la découverte aussi de nouveaux lieux, et faire plus de connaissance avec les voisins qui nous entourent et que j’ai finalement très peu vu pendant mes précédentes vacances ici.
La maison bâtie en partie par mon grand père, la maison où j’ai finalement passé beaucoup d’été est en grand changement, c’est encore peu visible pour le moment, mais elle va reprendre un nouveau souffle. Le gardien-jardinier qui est ici s’en occupe bien et le jardin reprend forme. Les oliviers sont toujours là, le figuier profitant de l’eau de la cuisine donne ses premiers fruits et le bougainvillier à l’intérieur offre son fuchsia écarlate en plein soleil, comme de nuit.

Sélection de photos

Presque 1 an après ce magnifique voyage vous trouverez sur mon site de photos une sélection des moments qui m’ont le plus marqués pendant ces 2 semaines au Vietnam.
Bonne (re)découverte,
Bon voyage.

Alexandre.
jinroh.info

En passant

Alors que j’avance (trop) lentement dans le re-parcours de ce voyage à travers les photos que je peux avoir fait, je viens de retrouver celle-ci

Dans mes souvenirs nous venons de convaincre notre guide d’ouvrir une canette de bière plus très fraiche avec nous. Dans la camionnette sur la route de Da Nang, après quelques heures de route, tout le monde à besoin de se dégourdir, surtout le chauffeur alors que nous ne faisons que baver sur les vitres pendant notre sommeil.
Débarquant dans une boutique de bord de route, on nous propose assez rapidement un thé bien amer comme il faut. Café pour ceux qui préfèrent.
On trouve enfin des capes de pluie, ce sera l’occasion de faire des stocks pour certains. On trouvera également du baume du tigre, une composition à base de crevettes pimentées pour ma part etc. bref, tout le monde fait son petit marché dans la joie et la bonne humeur.
Après avoir retrouvé un peu de thé, nous commençons à nous balader sur la terrasse arrière ou l’on trouve une table de ping-pong. Quelques échanges de balles avant que le guide viennent nous rejoindre, puis visiblement le propriétaire du lieu. Ce sera l’occasion de cette photo.
On échange ce que l’on peut avec notre hôte, au visage magnifique, qui finit par sortir une bouteille d’un élixir qu’il vend : un soit-disant aphrodisiaque réservé à l’origine aux mandarins et autres grands du pouvoir. Ce seront finalement avec 2 verres de ce breuvage amer, fort et particulièrement alcoolisé que nous trinquerons avant de reprendre la route.

Merci pour cette rencontre.